AFFAIRE CORSINI

Jacqueline PICHON

Vos recherches vous ont permis de découvrir que Jacqueline PICHON était érotomane, et que la cible de son érotomanie était Daniel CORSINI. Elle souffre d'être rejetée par la victime et consulte depuis 1 an un psychiatre: Jean-Philippe Delatour. Après avoir piraté l'ordinateur de ce dernier, vous découvrez un message intriguant: Jean-Philippe Delatour a rédigé un rapport faisant part de ses inquiétudes quand à des accès de violence touchant Jacqueline PICHON, la plupart du temps ces accès de violence sont dirigés contre elle-même, mais Jean-Philippe Delatour prévient que cela pourrait à terme être orienté contre Daniel Corsini si ce dernier continuait à la rejeter et si le traitement médicamenteux n'était pas suivi à la lettre par Jacqueline.

L’érotomanie, ou syndrome de Clérambaul,, est la conviction délirante d'être aimé. Loin de l'obsession d'un amour non partagé, c'est une forme de psychose paranoïaque de la catégorie des délires passionnels, où la haine de l'autre est, par un renversement des positions subjectives, déguisée en « conviction illusoire d'être aimé ». De la même manière que dans le délire de persécution l'individu est persuadé d'être l'objet de malveillances imaginaires, l'érotomane est persuadé d'être l'objet d'une bienveillance amoureuse, tout autant délirante, de la part d'autrui.

 

L'érotomane est persuadé d'être secrètement l'objet du désir de quelqu'un, mais il l'est par le biais d'une construction intellectuelle délirante qui vient étayer sa conviction initiale, typiquement de la télépathie, des gestes à la signification secrète connue de lui seul, des messages codés et diffusés dans les médias qu'il est seul à pouvoir déchiffrer ou simplement de regards que lui seul comprend. Il n'aime pas toujours cette personne, mais il est certain d'en être aimé. Il peut s'agir de quelqu'un de son entourage comme d'une personnalité en vue qui n'a pas même la connaissance de l'existence de l'érotomane, mais d'une personne qui incarne à ses yeux une position sociale supérieure, une infirmière, un facteur, un présentateur de télévision ou son conjoint, un homme ou une femme politique, etc.

Habituellement, le patient retourne à son « admirateur » l'affection qu'il lui suppose en lui écrivant, en lui téléphonant et en lui faisant des cadeaux. Même quand ses avances sont rejetées par leur destinataire, l'érotomane ne peut pas comprendre le refus qui lui est opposé. Il imagine ce refus comme un stratagème pour cacher au reste du monde leur « liaison » interdite5. De là, le délire peut virer, ce qui n'arrive pas toujours, au harcèlement, puis dégénérer jusqu'à une forme de jalousie revendicatrice, voire au crime passionnel.